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Visite de Stéphane Le Foll dans une ferme du Réseau agriculture durable Civam


Créé le 24/06/14

Ce vendredi 20 juin, à l'occasion de l'assemblée générale du Réseau agriculture durable Civam, Stéphane le Foll s'est rendu au GAEC Ursule, près de Chantonnay. 

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Engagée depuis 20 ans dans l'agroécologie, cette ferme vendéenne emploie 7 personnes sur 270 hectares cultivés sans intrant chimique, en tirant parti des processus de régulation naturels et des synergies entre espèces végétales, entre les haies et les surfaces cultivées, entre cultures et élevage...


L'occasion pour le Rad-Civam de donner à voir au ministre une traduction concrète et aboutie du projet agroécologique qu'il met en place à l'échelle nationale.

 

Une diversité très organisée, gage de productivité

Au GAEC Ursule, on cultive 20 à 30 espèces suivant les années, la plupart du temps en associations de variétés et d'espèces (graminées + légumineuses le plus souvent : lupin-seigle, triticale-avoine-pois, féverole-blé, dactyle-luzerne...). Ces mélanges présentent des intérêts multiples : fourniture d'azote par les légumineuses et les couverts, dilution de la pression des maladies, diversification des besoins en minéraux et du travail du sol par les racines, et au final augmentation de la productivité de 25 % par rapport à une culture en pur.


L'élevage de ruminants valorise les terres les plus difficiles et les productions végétales qui ne sont pas vendues. Il apporte aussi de la matière organique au sol et permet avec ses prairies longue durée de contrôler une bonne part des mauvaises herbes.


Dans cet environnement bocager (45 km de haies), les cultures sont disposées de façon à organiser le parcours des auxiliaires de culture sur la ferme (notamment coccinelles dévoreuses de pucerons).


Le GAEC pratique le tri des graines à la récolte ce qui permet la généralisation de ces cultures en associations. Il fabrique également des huiles de tournesol et de colza (primée au salon de l'agriculture).

Cette diversité aide à tamponner l'effet des aléas : « Nous avons bâti un 'système tous temps', sur le plan climatique comme sur le plan économique » analyse Jacques Morineau, l'un des associés.Au GAEC Ursule, on s'attache aussi à cultiver les complémentarités entre les travailleurs-euses (4 associés + salariés et apprenti) chacun trouvant sa place selon ses compétences et ses talents. Le système était présenté au ministre par les 4 associés du GAEC : Marie Morineau, Sébastien Schwab, Sylvain Vergnaud et Jacques Morineau.

 

Un réseau d'innovations, de propositions... et de développement

Le réseau Rad-Civam dans lequel s'insère le GAEC Ursule rassemble 3000 agriculteurs à l'Ouest et 10 000 à l'échelle nationale, tous en marche vers des systèmes productifs plus économes et autonomes en élevage de ruminants, polyculture-élevage -grandes cultures, élevage en moyenne montagne, systèmes agro-pastoraux, maraîchage, viticulture. 

Le Réseau a apporté une contribution active à la définition des nouvelles MAEC et à la prise en compte des cultures en associations d'espèces dans le dispositif agroécologie du gouvernement.

Il se félicite de la reconnaissance des légumineuses cultivées en mélanges que ce soit pour les graines et les fourrages. « Tous les outils ne sont pas parfaits, mais c'est la première fois que la notion de système prend le pas sur les engagements unitaires ; c'est un vrai progrès » souligne Benoît Drouin qui a succédé à Jacques Morineau en tant que président du Rad-Civam.

Le Rad-Civam déplore en revanche le manque de moyens qui lui sont alloués pour devenir sur le terrain un véritable opérateur du développement de ces nouvelles mesures qui vont dans le sens de la durabilité.

 

Une boîte à outils pour régler, évaluer, huiler les rouages des nouvelles politiques publiques

A l'occasion de sa visite, le ministre s'est vu offrir par le Rad-Civam une boîte à outils contenant un petit tournevis, un mètre-ruban et un bouteille d'huile, autant d'instruments symboliques qui « lui seront utiles pour opérer les derniers réglages fins des politiques publiques pour l'agroécologie, pour les évaluer et pour en huiler leurs rouages ! »