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Crise laitière : changer de système est plus rentable que de s’agrandir


Créé le 2/10/17

Même si la chute du prix du lait impacte tous les producteurs, l’éleveur laitier de l’ouest gagne plus à développer un système pâturant économe qu’à s’agrandir !

 

Tel est le constat de l’Observatoire technico-économique du réseau Civam sur l’exercice 2015 pour les systèmes bovin lait spécialisés du Grand Ouest. Un message qui détonne tandis que la libéralisation des volumes continue d’accélérer l’agrandissement des moyens de production par actif et les logiques d’investissements sensés réduire les coûts de production.

 

 

Les tendances de l’observatoire technico-économique de Réseau CIVAM

 

 

Depuis 2000, l’observatoire technico-économique du Réseau Civam compare les performances des systèmes herbagers bovin lait du Grand Ouest avec les exploitations laitières du Rica (réseau d’information comptable agricole).

 

 

Sur l’exercice 2015, la chute du prix du lait a impacté le revenu de tous les agriculteurs, à tel point que 28 % des fermes du Rica ont un résultat négatif. Les herbagers, de par leur système économe et autonome, résistent bien mieux, avec 20 598 € de résultat courant par actif pour les non bios, soit en moyenne 12 000 € de plus qu’au Rica (+ 139 %) avec 110 000 L de lait en moins.

 

 

Les systèmes herbagers créent plus de richesse (+ 24 % de valeur ajoutée par actif en non bio), qui va prioritairement à la rémunération du travail plutôt qu’aux investissements. Le poids du capital est plus conséquent dans les fermes Rica. Cela se traduit par des charges d’équipement élevées qui consomment 74 % de leur EBE (54 % pour les herbagers non bio). Les systèmes herbagers montrent ainsi que ce n’est pas l’investissement qui fait le revenu, c’est bien la richesse créée !

 

 

Le Résultat Social, nouvel indicateur de gestion créé par le Réseau Civam, démontre qu’avec 300 € de rémunération du travail en plus par hectare, les herbagers, même non bios, ont une capacité bien supérieure à maintenir et développer l’emploi dans les territoires.

 

 

Cette efficacité économique repose sur le pâturage qui permet des économies de charges. Dans les fermes du réseau, avec en moyenne 64 ares d’herbe/UGB, la part d’herbe pâturée représente 57 % des fourrages consommés, soit 200 jours de pâturage plat unique.

  

 

Autant de résultats qui confortent les tendances observées par l’Observatoire les années passées.

 

 

observatoire tech-eco

 

 

L’agrandissement dégrade la situation financière des fermes

 

 

Une étude complémentaire révèle aussi que les économies d’échelle ne sont pas linéaires en agriculture. A un certain seuil, l’agrandissement dégrade même la situation financière des fermes. Et les très grandes structures par actif font vivre 2 fois moins d’actifs agricoles sur les fermes et sur les territoires que des petites structures.

 

 

Dans les stratégies qui s’offrent à un agriculteur souhaitant améliorer ses résultats, la meilleure option reste le changement de système plutôt que l’agrandissement (par exemple pour une petite structure par actif : - 1 000 € de résultat courant en s’agrandissant ; + 6 000 € avec un changement de système).

 

 

Pour réussir cette transition, les échanges en groupe permettent aux agriculteurs d’être mieux accompagnés dans leurs nouveaux choix techniques et de développer leur autonomie de décision.

 

 

 

 En savoir plus

 

Voir comparaison de deux modèles de fermes laitières en video ICI

Voir les derniers résultats de l'observatoire ICI

Voir le communiqué de presse du WWF ICI