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Les bénéfices des cultures associées


Créé le 3/06/19

Le CIVAM du Châtelleraudais, a reçu un prix régional dans le cadre des trophées de l’agro écologie pour ses trois ans d’expérimentations ayant démontré les multiples intérêts de la culture en associations d'espèces. Le lauréat représentera la Nouvelle Aquitaine pour l’attribution du prix national de la démarche collective.

 

Recherche participative -  Associations de cultures en agro-écologie 

Porté par le Civam du Chatelleraudais, dans le cadre de l'appel à projets Mobilisation collective pour l'agro-écologie du CasDar*, le projet APACh (Association de Plantes en Agroécologie dans le Châtelleraudais) a mobilisé de nombreux partenaires autour de son programme de recherche participative sur les associations de plantes  céréales-protéagineux, mélanges variétaux de blés, colza associé et prairies multi-espèces. 

  • Des partenaires techniques : le CNRS, l’Université de Poitiers, la MFR de Chauvigny, Cultivons la Biodiversité, Lycée Agricole de Thuré (86), 
  • Des prestataires scientifiques : les laboratoires Ecologie Evolution Symbiose (EES),  Ecologie et Biologie des Interactions (EBI), ITAB, INRA, …. 
  • Et des partenaires financiers en plus du ministère de l'agriculture : la Fondation Liséa, l'Agence de l’Eau Loire Bretagne, la Réserve Parlementaire de Véronique Massonneau, ont été les co-financeurs sans qui le projet n’aurait pas pu aboutir.

Les objectifs du collectif étaient d’initier une réflexion sur les associations de cultures et de produire des données issues d’essais en ferme. 

Le programme APACh s'est focalisé sur les intérêts des associations de plantes en termes d’utilisation des ressources du sol, de résistance aux bio-agresseurs, d’impacts sur la vie du sol, de biodiversité et de qualité agronomique, nutritionnelle, technologique et gustative. Au total 39 modalités ont fait l’objet de suivis sur 8 fermes,  avec des associations de différentes espèces, différentes variétés, à différentes densités et des témoins en culture pure.

 

Focus sur les Trophées de l'agro-écologie 
Concours organisé par le ministère de l’agriculture et de l'alimentation, les Trophées de l'agro-écologie distinguent des démarches innovantes, individuelles ou collectives, exemplaires d’une agriculture à la fois productive et respectueuse de l’environnement et des femmes et des hommes qui la font vivre. En savoir plus sur le concours 

 

Productivité +++

Le Land Equivalent Ratio (LER**) compare le rendement de chaque culture qui le compose à ceux de ces mêmes cultures cultivées en pur. Dans un contexte d'agriculture biologique, les associations céréales-protéagineux binaires ont des rendements équivalents à celui du blé en pur. Les associations céréales-protéagineux multiples ont quant à eux des rendements supérieurs ou équivalents à ceux du blé pur.

Cependant, le calcul du LER (cf. ci-dessous) montre que, dans la vaste majorité des essais, les associations permettent de produire plus de céréales et de protéagineux que si on avait cultivé ces mêmes espèces en pur. Selon les mesures effectuées dans le cadre du projet APACH, il faudrait cultiver en pur plus d’une fois la surface cultivée en mélange pour obtenir la même production (entre 5 et 40 % de surface en plus selon les années et les mélanges). De plus les résultats montrent qu’en cas d’aléas climatiques, les associations céréales-protéagineux complexes (plus de 2 espèces différentes) assurent un rendement supérieur.

 

«Sur les associations, je ne peux qu’affirmer que c’est un plus agronomique et économique non négligeable. Souvent les agriculteurs se mettent des freins sur la technique alors qu’au final c’est sûrement l’aspect le plus simple à régler, des solutions existent ! Si les coopératives bloquent encore pour les céréales-protéagineux, d’autant plus en conventionnel, il faut se tourner vers des éleveurs. Après pour le colza associé, il n’y a aucun problème technique ou de filière, c’est que des plus ! »  Philippe, agriculteur en Châtelleraudais

 

Microclimat pour macrofaune

D’autres observations ont été réalisées, notamment sur la biodiversité de la macrofaune du sol. Sur les 3 ans, les essais céréales/protéagineux ont la macrofaune la plus diversifiée. Ils ont le meilleur équilibre faunistique pour les 5 espèces et familles étudiées (cloportes, araignées, carabes, lombrics et fourmis). En effet, les légumineuses maintiennent mieux l’humidité du sol que les graminées. Elles sont favorables aux cloportes et aux carabes grâce à une hauteur de végétation en strates.

 

Moins de maladies 

Et en matière de maîtrise des bioagresseurs les associations céréales-protéagineux sont également bien placées. En moyenne, les maladies fongiques impactent moins les cultures associées que les cultures pures. Par exemple en 2016, il y a moins de septoriose et de rouille brune (respectivement -20% et -15%) sur les mélanges céréales-protéagineux que sur les cultures pures. 

« Finalement faire des associations, c’est l’idée de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! Mettre plusieurs espèces dans un champ, ça permet de laisser au sol le choix des espèces les plus adaptées. Sur des sols plus difficiles, c’est un vrai avantage ! » Luc, agriculteur en Châtelleraudais

 

 

L’étude fait également ressortir l’impact des mycorhizes. Un flyer pour comprendre et favoriser la mycorhization dans ses cultures à télécharger ici

Retrouvez l'intégralité de l'étude et le détail des résultats ici 

 

Paysans et chercheurs autour de l'intérêt des cultures associées 

 

 

* Compte d'Affectation Spécial Développement Agricole et Rural du Ministère de l'agriculture (CASDAR).

** Land Equivalent Ratio (LER) : 

Exemple théorique pour 1ha d'un mélange Féverole (50%) - Blé (50%) comparé à un 1/2 ha de blé en pur +1/2 ha de féverole en pur :

    • Rendement en blé du mélange pour 1ha = 20 q/ha
    • Rendement en féverole du mélange pour 1 ha = 30 q/ha
    • Rendement du blé en pur pour 1/2 ha = 35 q/ha
    • Rendement en féverole pour 1/2 ha = 20 q/ha

Si on fait la moyenne des ratios des rendements en blé (20/35= 0,6) et en féverole (30/20 = 1,5), on obtient le chiffre de 1,05. Ce chiffre est appelé Land Equivalent Ratio (LER). Il signifie qu'il faudrait pour une surface égale, 5% de surface supplémentaire en blé et en féverole pure pour atteindre le rendement du mélange.