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Bretagne : Les systèmes herbagers pour l'emploi et l'activité sur les territoires


Pourquoi les systèmes herbagers économes et autonomes sont-ils plus à même de développer de l'activité et de l'emploi sur leurs territoires ? 6 témoignages d'initiatives ont impulsé les échanges avec les adhérents.

 

A l'occasion de son Assemblée Générale, l'ADAGE s'est interrogé sur les apports des systèmes herbagers économes et autonomes pour les territoires. 6 témoignages d'intiiatives montrent comment les adhérents participent au maintien et au développement des activités et des emplois sur leurs territoires...

 

 

La transformation, ça crée de l'emploi

 

A la fin de ses études, Benoît avait pour projet de reprendre la ferme familiale située à Guer (56). « L'idée de la transformation s'est rapidement imposée comme le projet idéal » précise-t-il. En 2011, Benoît et Maxime s'installaient sur la ferme en conversion bio et démarraient la même année la transformation. « Notre souhait est de vendre nos produits frais sur le territoire. Nous souhaitons créer du lien entre la ferme et les gens du secteur. Marché, épicerie, maison de retraite, restauration, boulangerie sont nos clients » détaille Benoît. Aujourd'hui 35000 litres de lait sont transformés. Le territoire semble réceptif et les perspectives de développement de l'activité de transformation sont au rendez vous. Benoît poursuit « L'équilibre du projet est plutôt 3 UTH, tant sur l'organisation du travail que sur la viabilité de l'outil de transformation. Nous sommes donc à la recherche d'un 3ème associé ».

 

 

Du lait qui a du sens !

 

Stéphane s'est installé en 2012 sur la ferme de Gaétan à Sens de Bretagne. Ces deux jeunes éleveurs ont cherché à optimiser l'activité de vente de lait qui avait été lancée par les parents de Gaétan dès 1986. La vente de lait est destinée aux écoles, restaurants, collectivités,.... « Des conditionnements différents existent selon les livraisons (bidons, berlingots), autant d'adaptation qui ont été réalisées pour répondre à la demande des clients » explique Stéphane. 45000 litres de lait sont aujourd'hui vendus. Le conditionnement est effectué la veille au soir des livraisons. « Cela demande de l’organisation entre la ferme et les demandes des clients. Nous comptons un bon mi-temps pour cette activité » poursuit Stéphane. L'objectif des éleveurs est d'atteindre les 80000 litres de vente pour asseoir leur activité et envisager un 3ème UTH.

 

 

Embaucher à plusieurs

 

Laurent s'est installé en 1997 à Corps Nuds sur la ferme d'un tiers. Au fur et à mesure il a développé un système fourrager autonome et économe. En 2014, Laurent a observé la fragilité de son exploitation en terme de main d’œuvre. « Il n'y pas de surcharge de travail mais je suis seul, 365 jours/an. Cela m'a poussé à réfléchir à un groupement d'employeur avec deux voisins. Même si peu de difficultés ont été rencontrées, la recherche de salarié a demandé du temps. « L'embauche sur mon exploitation me coûtera 8000 €/an. L'amortissement d'un tracteur » se plaît à dire Laurent. « Je gagne en confort de travail. Cela me permet aussi d'avoir un temps d'échange avec une autre personne sur mon exploitation ».

 

 

Accueillir sur sa ferme

 

Sylvie a exercé le métier d'éducatrice pendant 25 ans. Son mari, Pierre-Yves est installé sur la ferme à Bédée depuis 1988. Le couple envisage dans les années 2000 de transformer la longère de l'exploitation en deux gîtes (8 et 5 places). « Nous éprouvions une certaine lassitude de notre travail respectif et un besoin d'évolution et d'indépendance plus important s'est fait ressentir » souligne Sylvie. Le couple crée un GAEC, Sylvie s'installe. Elle poursuit « il ne faut pas s'engager dans de gros investissements. Un gîte n'est jamais rempli à 100 %. Notre taux d'occupation est de 60 %. Au bout de 7 ans de fonctionnement, nous pensons dégager un revenu, les investissements seront amortis. Il est donc important de communiquer localement pour se faire connaître ». Outre l'envie d'accueillir et de s'ouvrir vers l'extérieur, les objectifs du couple sont de baisser le rythme de la ferme et partager le travail à deux. L'activité du gîte demande du temps. Il est important d'être disponible.

 

 

Le bois, une ressource d'emploi sur nos territoires

 


Michel est exploitant sur Broons (22) depuis 1977. Il exploite 90 hectares avec un salarié en production laitière et dispose d’un linéaire de haies de 7 km. « La gestion de ce linéaire a longtemps été contraignante en temps sur ma ferme, et la valorisation du bois était sans doute sous-exploitée » se souvient Michel. Lorsque la SCIC ENR pays de Dinan a été créée, l'éleveur a signé un contrat de reprise afin de simplifier la gestion du bocage sur sa ferme. Aujourd'hui cela consiste en de la taille de recépage et de réformation. Tous les frais sont à la charge de la SCIC qui fonctionne en valorisant le bois auprès des collectivités, entreprises sous différentes formes (granulés, paillis,..). « J'ai tout de suite vu le gain de temps et les avantages économiques. Cela a donné envie aux voisins d'adhérer ». Parallèlement la SCIC est passé de 1 à 10 salariés depuis 2008, et a créé autant d'emplois indirects à l'extérieur.

 

 

Le champ commun, une dynamique locale

 


L'aventure a démarré en 2009 à Augan (56), commune de 1500 habitants, où la SCIC Le Champ Commun a voulu réinventer le commerce de proximité. Mathieu, membre parmi les 120 associés de la SCIC précise « Nous souhaitions maintenir des services de qualité, accessibles à tous ». Soutenue par une équipe de 6 salariés à temps plein, 3 associations partenaires, une cinquantaine de producteurs (paysans et artisans) et les habitants, la SCIC expérimente un modèle d'organisation et de responsabilité collective. Dans cette démarche, ils ont développé au fil des ans : une épicerie, un bar-café concert, une microbrasserie et bientôt une auberge. Mathieu conclut « au départ personne ne croyait au projet, aujourd'hui nous réalisons un chiffre d’affaires de 524000 € ».