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Agroécologie : transformer les protéagineux pour gagner en autonomie alimentaire


En 2013, le GRAPEA avait répondu à un appel à projet « Mobilisation pour l’agroécologie ». Un groupe s’est ainsi constitué et, depuis déjà 1 an, des membres du GRAPEA se réunissent régulièrement pour travailler sur la culture et la valorisation des protéagineux en élevage de ruminants. Objectif : gagner les derniers points d’autonomie alimentaire et pourquoi pas, être 100% autonome. Moyen : cuire les protéagineux produits sur les fermes pour en éliminer les facteurs antinutritionnels (FAT). Point sur l’avancée du projet et premiers résultats...

 

A l’état cru, les protéagineux sont peu digestibles et la protéine est gaspillée.  

Les graines crues de protéagineux sont difficiles à digérer. Nous avons ainsi l’habitude de cuire la mogette avant de la manger, et sans cela, l’indigestion est garantie. Il en va de même pour les animaux d’élevages.

L’explication ? D’un côté, les grains contiennent des molécules qui nuisent à la digestion, appelées FAT (facteurs antinutritionnels). De l’autre côté, les protéines sont souvent présentes sous une forme soluble et fortement dégradable dans le rumen. Elles sont donc peut disponibles dans l’intestin et peu assimilées, donc gaspillées. Conséquence : l’azote n’est pas assimilé et se retrouve dans les effluents, la ration donnée n’est pas optimisée.

La solution est connue depuis longtemps et vise à cuire les protéagineux pour éliminer les FAT et augmenter le taux de protéines assimilables dans l’intestin. Lancé dans cette réflexion, le groupe d’agriculteurs du GRAPEA s’est concentré sur la technique du toastage, ou grillage, qui semblait prometteuse: elle améliore la valeur alimentaire des protéagineux; manipulation et stockage sont aisés car les grains restent entiers ; le matériel est « rustique », facile d’entretien, et il est donc possible de le rendre mobile.

Le principe ? Un brûleur chauffe l’air autour de 280 °C, les grains, acheminés par une vis sans fin, passent de manière continue sur un tapis et sont chauffés pendant 20 à 60 s et ressortent à 120 °C. Suit une phase de maturation du grain (100°C) pendant laquelle il termine de cuire et de perdre de l’eau. Il est tout de même nécessaire de ventiler le grain à la fin pour le sécher et le refroidir.

 

toasteur

 

Vous avez dit toasteur mobile ?

Dans l’optique de faciliter l’accès à cette technique, le GRAPEA a sollicité la FDCUMA85 pour étudier la possibilité d’investir dans un toasteur mobile et proposer une prestation de cuisson de protéagineux directement chez les éleveurs. Plusieurs éleveurs bovins se sont déjà montrés intéressés, mais cela peut être aussi avantageux pour les élevages avicoles et porcins. Dans cette optique, des essais de toastage de soja, lupin et féverole ont été réalisés en janvier et février.

Les analyses montrent une forte amélioration de la valeur alimentaire des protéagineux. Plusieurs essais sur vaches laitières ont déjà été réalisés et les résultats sont encourageants.. Les essais sur rations laitière montrent que la technique est intéressante économiquement.

Au GAEC Les Rocs, l’effet du toastage par rapport à de la féverole crue revient à un gain moyen de 1,1 L de lait par kg de produit toasté. En parallèle, les estimations réalisées avec la FDCUMA85 amènent   à un coût de toastage entre 4 et 7 centimes d’euros par kg (sans subvention, ni frais de triage). Dans cette situation, la technique semble rentable économiquement. Et les résultats des autres essais nous le confirment également. Maintenant que la dynamique est lancée, il reste à trouver un nombre plus grand d’agriculteurs afin de réduire les coûts du toastage. Avec les engagements de volumes actuels autour de 300 t/an, le coût de revient est estimé à 71€/t (sans salarié qui gère la machine). En passant à 1000 t/an, ce coût tombe à 40€/t, ou 54€/t avec un salarié qui s’occupe de tout.

Dans la foulée, d’autres essais se feront sur du pois pour un lot de porc et sur des volailles à l’engraissement. Des analyses nutritionnelles complémentaires spécifiques aux monogastriques viendront également appuyer le tout.  

Suite à tout cela et si tout se passe bien, le projet pourrait donc vite se concrétiser...