RESEAU CIVAM RESEAU CIVAM CAMPAGNES VIVANTES

Recherche

Pas encore inscrit ? Créer un compte
(Réservé aux membres du réseau, salariés et administrateurs)


A la recherche de variétés de blé adaptées aux conditions pédoclimatiques changeantes des Alpes de Haute Provence pour le bio


Trouver des variétés paysannes de blé panifiables adaptées à l’agriculture biologique et pouvant répondre à un contexte pédoclimatique changeant est le travail qu’ont engagé des céréaliers des Alpes de Haute Provence avec le concours d’Agribio 04, d’Arvalis-Institut du Végétal et du Parc Naturel Régional du Luberon.

 

 

Pour des variétés de blé adaptées aux conditions pédoclimatiques

logo-agribio04 bis

La remise en culture et le succès de la filière Blé Meunier d’Apt n’y est sans doute pas pour rien dans l’envie des producteurs des Alpes de Haute Provence d’aller plus loin dans l’identification de variétés paysannes de blé adaptées à leurs contextes pédoclimatiques et leurs environnements de travail. Suite à des rencontres successives entre janvier et juillet 2014 regroupant céréaliers, paysans-boulangers, boulangers, les organismes techniques Agribio 04 et Arvalis et le Parc Naturel Régional du Luberon, des essais variétaux ont été mises en place à l’automne 2014. Leur objectif : caractériser le comportement et les performances agronomiques de variétés paysannes de blé en agriculture biologique et d’évaluer leur résistance au stress hydrique. Des notations sur le comportement agronomique des variétés (tallage, levée, densité…) ont été réalisées et correllées aux performances agronomiques mesurées à la récolte (rendement, protéines, poids spécifique…).

 

La parcelle d’essais a au final été semée le 23 novembre 2014 sur un précédent pois chiche et derrière une interculture de moutarde dans un sol calcaire et argilo-limono-sableux. Un labour et un passage de vibroculteur ont précédé le semis. Une fertilisation de 40 unité d’azote a eu lieu le 11 mars.

 

 

Le remplissage du grain affecté par un printemps stressant

Au niveau climatique, l’année s’est caractérisée par un printemps très sec (37 mm d’eau cumulé en mars, avril et mai), une absence de pluie printanière matérialisée par un déficit hydrique et des températures élevées (supérieures à 30 degrés) entre les stades grain laiteux et pâteux témoignent d’un échaudage du grain. Ces conditions climatiques particulières expliquent que la composante de rendement la plus affectée par la sécheresse ait été le Poids de Mille Grains (PMG) puisque celui-ci se détermine après la floraison, période à partir de laquelle on note un déficit hydrique beaucoup plus important sur la modalité sec par rapport à l’irrigué.

 

Les rendements moyens observés cette année sont de 27.5 qtx/ha en irrigué et de 26.5 qtx/ha en sec. En fonction des variétés, la gamme de rendement va dans les deux modalités du simple au double. Ce rendement est essentiellement expliqué par la capacité des variétés à faire un nombre de grains/m² important. Cette capacité à faire du grain provient, dans nos contextes pédologiques capricieux et avec la tardivité des semis en bio, essentiellement de la fertilité des épis, c'est-à-dire du nombre de grains/épi. Cette variable est essentiellement une caractéristique variétale. Parmi ces variétés, on peut en particulier identifier dans les blés paysans Saissette de Provence, Barbu du Roussillon et Rojo de Sabendo, ainsi que les variétés modernes Pireneo et Soléhio.

 

 

A variété équivalente, on note une diminution de 11% en moyenne de rendement avec la suppression de l’irrigation, soit 3.15 qtx/ha. Cette faible différence, surprenante compte tenu de la forte sécheresse printanière, s’explique par un arrosage insuffisant dans la modalité irriguée pour avoir une absence totale de stress hydrique et par la forte réserve utile du sol, traduisant ainsi sa bonne capacité à tenir le choc.

 

 

Les taux de protéines moyens mesurés cette année sont bons en sec comme en irrigué. On constate que les variétés paysannes ont des taux de protéines généralement supérieures aux variétés modernes (excepté Barbu du Roussillon) pour des rendements moindres. Les variétés semblant présenter le meilleur compromis entre rendement et protéines sont Togano et Bologna pour les blés tendres modernes et Saissette de Provence et Rojo de Sabendo pour les variétés anciennes. Les variétés à très forts rendement (Soléhio, Barbu du Roussillon) apparaissent trop faibles en protéines. A l’inverse, les variétés les plus intéressantes en protéines (Pétanielle, Bladette, Blé des Pyrénnées, redon Blanc) sont très souvent tardives, remplissent mal leurs grains et ont par conséquent de faibles rendements.

 

 

Pour 2015-2016, cette expérience va être répétée avec les mêmes variétés et le rajout d’autres précoces, donc potentiellement moins sensibleS à l’échaudage lors de printemps chauds et secs. Des variétés modernes pouvant répondre à ces défis seront également ajoutées (Nogal, Valbona, Arezzo, Alhambra…). Une partie des essais va également être décentralisée chez les producteurs qui le souhaitent.

 

 

Mathieu Marguerie, Agribio 04

 

Pour plus d’informations, une note complète sur les résultats est disponible auprès d’Agribio 04 : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.