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Coccinelles tueuses, lombrics laboureurs et cauchemar de betteravier


Au milieu de ce jardin Ariégeois, sous le soleil d’août, deux pieds de pommes de terres couverts de jeunes doryphores d’une santé insolente...A moins de 10 mètres, plusieurs rangs de pommes de terre sans aucun parasite. En regardant de plus près, de loin en loin, parmi les plantes à tubercules, sont plantés des pieds de ricin. Le ricin protège aussi les aubergines encore plus appétissantes pour les doryphores. Dans ce jardin s’épanouissent 32 variétés anciennes de tomates, dont aucune n’est touchée par le mildiou. Normal car, le basilic pourpre (parmi les six variétés existantes), les protège.

 

Les carottes s’occupent des oignons

Là les carottes sont mélangées avec les oignons. Ce n’est pas une distraction du jardinier. Ces deux plantes potagères, au coude à coude, se protègent mutuellement. Ici des fleurs au milieu des tomates : ce sont des soucis qui éloignent la mouche de la tomate... Autre voisinage surprise : salades et choux plantés en alternance pour une protection contre l’altise. Entre eux, sur la terre, se dessèchent des gourmands prélevés sur les tomates comme antidote à la piéride, méchante avec les crucifères famille à laquelle appartient le choux. La visite continue : un magnifique pied d’absinthe-haute, au délicat feuillage et de toutes petites fleurs. Non ce n’est pas ce qui fait vaciller la raison du maître de ce jardin un peu fou.

 

Il a installé tôt dans la saison ce petit buisson qui attire une seule variété de pucerons, mais qui lui est spécifique. Les coccinelles viennent là pour nourrir leurs larves, s’y fixent, se multiplient, et protègent ensuite l’ensemble du jardin contre toutes les autres variétés de pucerons...


Nous ne sommes pas au pays d’Alice (celle des merveilles) puisque nous sommes accueillis dans le tout nouveau jardin créé par l’association CASTA en coopération avec l’Eco-musée d’Alzen, un des CIVAMCentre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Monde rural (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le monde rural) de l’Ariège..... Cette réalisation s’inscrit dans leur démarche commune de créer un pôle de développement durable comprenant animations pour jeunes et adultes, fromagerie, table paysanne, accompagnements de formations vers l’emploi...

 

Salade de fleurs, jolie

La visite se poursuit. Le jardin a été implanté sur une très vieille prairie bien bétonnée et seulement en juin de cette année. Il a fallu faire un premier défonçage pour installer tous ces végétaux. Mais à l’avenir le jardinier, Alfred Angelmann -ancien élève de l’école de Brens (81)- espère bien éviter de retourner la terre en faisant travailler les vers. Un fort paillage d’hiver les fera remonter et ameublir le sol. Déjà les paillages effectués au moment de la mise en place des cultures ont permis de traverser les fortes chaleurs de cette année sans arroser, ni désherber...

 

Parmi les projets : installer un « jardin de curé » [1] et ouvrir un pacage dans le sous bois tout proche avec l’aide de la guilde d’animaux disponible à l’Eco-musée d’Alzen : chèvres des pyrénées, chevaux, ânes, mulets, vaches Casta (race à faible effectif du sud ouest) et vaches suisses...

 

Des questions ?

Et pour les limaces ?


Oubliez ici ou là des morceaux de bois odorant, comme le noisetier ou le châtaignier pour attirer les carabes qui mèneront la vie dure aux indésirables gluantes... Charles Trenet aurait bien eu raison de chanter « C’est un jardin extraordinaire ». Un peu partout des fleurs. Pour l’agrément ? Pas seulement. Les fleurs de capucines, œillets d’inde, dahlias attirent les insectes pollinisateurs et... se mangent en salades.

 

On peut y ajouter de la bourrache par ailleurs très mellifère. Les couleurs peuvent aussi constituer un leurre (le jaune notamment) pour les prédateurs, alors que les plantes aromatiques peuvent les éloigner... L’idée de départ était de retrouver des variétés anciennes plus résistantes et souvent plus goûteuses et même plus jolies et de maîtriser leur bonne santé par des moyens naturels diversifiés.

Ce jardin est une véritable illustration du document CIVAM Centre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Monde rural de Jean-Yves Morgantini La biodiversité est un facteur de production, 2005.

 

Le cauchemar du betteravier

Maintenant, ceux qui ont de bonnes relations dans le milieu betteravier doivent nous laisser terminer la visite sans eux... Parlons bas : nous avons admiré de beaux feuillages et de belles fleurs, respiré diverses plantes mais aussi goûté une feuille de 2 ou 3 centimètres, vert foncé et très fortement sucrée. Elle est de la famille des sauges et répond au nom de Stevia Rebaudiana Bertoni. On peut dire Rebaudiana. Un hectare a autant - et même plus - de pouvoir sucrant que dix hectares de betteraves...De plus Rebaudiana est supportée par les diabétiques. Exit l’aspartam ?

 

Pas de soucis, les lobbies intéressés montent la garde dans les couloirs du pouvoir, y compris à Bruxelles. (Un tour sur Internet avec les mots stevia rebaudiana est instructif).

 

Ne faites pas un détour pour voir ce fouillis scientifiquement pensé ! Allez-y exprès...

 

Contacts :
- Alfred ANGELMAN :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- Eric Meillat :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  - http://www.ecomuseealzen.fr

 

André Chalopin, Fncivam, novembre 2006. Voir aussi le site RuralInfos.