Une unité d’abattage à la ferme

en projet en Vendée et en Loire Atlantique

 

De plus en plus d’agriculteurs souhaitent accompagner leurs animaux jusqu’à leur mort, sur la ferme. Cette pratique répond également à une attente sociétale forte sur le bien-être animal. Les éleveurs du collectif veulent se redonner les moyens d’abattre en Loire Atlantique et en Vendée et entre autres, par ce biais, pouvoir valoriser des animaux abattus dans l’urgence.

Principe général

Après l’exploration de nombreuses possibilités, les éleveur.se.s proposent de mettre en place un système d’abattage innovant en France.

Le système envisagé, qui fonctionne en Allemagne, comprend une unité de mise en carcasse et une flotte de caissons mobiles. L’unité de mise en carcasse, est un lieu de réception de bovins tués à la ferme. Cette unité ne possède pas de bouverie, toutes les carcasses traitées sont issues d’animaux abattus à la ferme. Intégrés dans l’agrément sanitaire de l’abattoir, les caissons fonctionnent comme un prolongement de l’abattoir dans les fermes.

Les bovins sont étourdis sur leur lieu de vie par le personnel de l’unité, saignés dans les caissons mobiles puis acheminés en « carcasse-peau » vers l’unité de mise en carcasse. Ces caissons font le lien entre l’unité et les fermes dans un rayon géographique d’une heure de route. Dans l’unité, les carcasses sont préparées jusqu’à la mise en quartier.

L’éleveur.se reste propriétaire de la carcasse et libre de sa destination (ateliers de découpe, boucheries, magasins spécialisés, retour à la ferme…). Une filière locale territoriale est en construction avec les collectivités et les acteurs de la filière longue.

L’énergie mise par les éleveurs et éleveuses de l’AALVie dans ce projet depuis 2016 a porté ses fruits. Les rencontres des services du ministère (DGAL) et des services vétérinaires (DDPP) ont permis de dépasser la phase d’expérimentation, ceux-ci ont approuvé le projet comme conforme à la réglementation. En effet, un premier test a eu lieu le 25 février 2020 et a répondu aux exigences en terme de respect de l’animal, de sécurité des opérateurs, de qualité d’abattage et de qualité de carcasse.

L’AALVie bénéficie de l’appui des collectivités locales, départementales et régionales. Le projet a su fédérer l’ensemble des organismes professionnels agricoles au sein d’un conseil d’administration.

Pour qui ? 

Ces outils ont été envisagés pour nos animaux en premier lieu. Ce système peut accueillir les bovins et veaux gras, des systèmes laitiers et allaitants. Ne nécessitant plus le transport d’animaux vivants, ce système permet d’accueillir les animaux abattus d’urgence (accidentés). Cet outil s’adresse à tous les élevages situés dans un rayon d’action d’une heure autour de l’outil (carte ci-contre). L’unité prévue se situe à Machecoul (44).

D’autres collectifs travaillent à l’émergence d’outils similaires dans les départements limitrophes pour obtenir à terme des installations complémentaires. Pour les autres animaux (ovins, porcins, caprins, …) le travail se concrétise.

L’agencement de l’unité fixe prévoit des lieux de traitement des déchets et des zones de stockage en froid pour toutes les espèces (bovins, ovins, porcins, caprins…).

Le fonctionnement

Le fonctionnement envisagé nécessite un abattage animal par animal et impose une logistique importante pour rendre la chaine de transformation optimale. Les utilisateurs.trices de l’outil devront être référencés avant la première utilisation. Le référencement des élevages assurera que les exploitations soient équipées en individuel ou en collectif (CUMA) pour l’utilisation de l’outil.

L’élevage doit être situé dans le périmètre d’action d’une heure autour de l’unité fixe. L’agriculteur doit avoir à disposition un lieu utilisable pour la mise à mort par caisson mobile, comprenant :
* une porte de contention
* deux barrières latérales amovibles
* un sol stabilisé et lavable
* un outil de levage (tracteur avec chargeur frontal, télescopique…)

L’AALVie souhaite mettre en place un outil aux coûts d’abattage proches de ceux pratiqués dans la filière.

Exemple d’installation

 

Déroulement de l’abattage

Une fois référencé auprès de l’abattoir, voici les étapes réalisées par l’éleveur.euse (en fond vert) et par l’abattoir (en fond blanc) :

 

Que devient l’animal ?

A l’unité de mise en carcasse, l’animal subit toutes les actions de transformations classiques, première et deuxième dépouille, éviscération, mise en carcasse, puis mise en quartier. La carcasse est contrôlée par les services vétérinaires (diagnostic post-mortem) puis stockée en chambre froide. Il n’y a pas de transfert de propriété, l’éleveur.euse reste propriétaire de son animal et libre de décider de son devenir.     L’AALVie réfléchit actuellement à la création d’une distinction (labellisation, marque ou signe distinctif) pour ces animaux qui seront abattus à la ferme.

 

 

Actualités du projet

En septembre 2019, l’AALVie a lancé sa première campagne d’adhésion pour permettre l’achat d’un caisson d’abattage et réaliser un test. En six mois, voici les avancées de l’AALVie pour permettre la mise en place de ce projet d’abattage à la ferme en 2021.

Gouvernance du projet

Le Conseil d’Administration est composé de membres historiques du collectif ainsi que de représentants des différentes organisations ou syndicats agricoles : GAB, FNSEA, Coordination Rurale, Confédération Paysannne, Civam.

Une étude a été commanditée par le Conseil Régional et le Conseil Départemental pour valider le modèle économique proposé par l’AALVie et analyser les possibilités d’implication des collectivités dans la gouvernance du futur outil. L’AALVie est en attente des résultats de cette étude initialement programmée en février.

En janvier 2020, un voyage d’étude a été organisé auprès de Lannion Tregor Communauté. Cette rencontre avait pour objectif d’identifier les enjeux et leviers utilisés par Lannion Tregor Communauté pour la construction d’un nouvel abattoir de proximité multi-espèces.

Les avancées sur le plan sanitaire

Les contacts auprès de la DDPP 44 (Direction Départementale de la Protection des Population), ont été poursuivi. Un test d’abattage à la ferme a été mis en place en février 2020 en partenariat avec l’abattoir de Châteaubriant. Ce test a permis d’apporter des éclairages sur la bientraitance des animaux et la protection des abatteurs.

L’adhésion des éleveurs et labellisation

Un travail sur la diffusion du projet auprès des éleveurs.se.s a été mené en partenariat avec la Chambre d’Agriculture ainsi que les organisations agricoles participant à l’AALVie et a permis d’atteindre les 90 fermes adhérentes. L’objectif est d’atteindre plus de 200 adhérents. La commission travaille également au dépôt d’un label.

Le modèle économique

Entre juillet et septembre 2019, l’AALVie a travaillé à l’élaboration de son business plan. Celui-ci a été présenté en septembre aux collectivités partenaires. L’étude en cours du Conseil Départemental et Conseil Régional va permettre d’affiner le business plan dans les mois à venir.

 

Contacts
  • François Vrignaud – 06 99 45 63 54, Soullans
  • Franck Renolleau – 06 86 38 25 06, La Copechagnière
  • Stéphanie Prouteau – 06 85 95 44 43, Martinet
  • https://aalvie.wixsite.com/aalvie