Civam Oasis

Groupe DEPHY

Implication des fermes dans la réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires

Dès la création du CIVAM en 2008, les adhérent.es s’engagent dans la réduction des intrants. En 2016, un groupe souhaite aller plus loin et s’implique dans le dispositif DEPHY ferme qui a pour objectif de produire des références en montrant qu’il est possible de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.

Des parcours variés

La plupart des fermes du groupe sont situées en champagne crayeuse et possèdent un assolement diversifié (céréales, betteraves, chanvre, luzerne entre autres). Lors de la création du groupe en 2016, toutes les fermes n’étaient pas au même niveau d’avancement dans la démarche d’économie d’intrants. Alors que certaines fermes étaient en conversion en agriculture biologique après avoir travaillé sur la réduction d’intrants de 2005 à 2015, d’autres n’en étaient qu’aux prémices de la démarche.

La reconception des systèmes : avec ou sans cultures de niches ?

La Marne et l’Aube sont deux départements où les filières sont dynamiques et dont le sol permet d’essayer et de pérenniser un certains nombres de cultures. Certaines d’entre elles sont connues depuis longtemps, comme le chanvre, l’œillette ou le lentillon de champagne. D’autres cultures émergente doucement, notamment dans les filières en agriculture biologique : lin graine, le pois-chiche ou encore les PPAM que développent certains adhérents (voir la fiche action).

Le groupe DEḦY ferme se réunit régulièrement pour partager les expériences et les chiffres concernant les cultures de niche. C’est l’occasion de voir quel est l’itinéraire technique, comment la culture intervient dans l’assolement, quels sont les avantages et inconvénients agronomiques, économiques etc.

Tour de plaine chez sur essai de bourrache (PPAM)
Champs œillette officinale

L’avis du groupe: Le travail réalisé sur les cultures de niche a permit d’ouvrir de nouveaux horizons pour certains grâce aux témoignages de la réussite de certaines cultures par d’autres producteurs. Allonger les rotations permet de minimiser la pression des ravageurs et maladies sur les systèmes. De plus ces cultures sont souvent peu exigeantes en intrants (chanvre par exemple), permettant au long terme de réduire les produits phytosanitaires.

S’approprier la fertilité du sol grâce aux plantes bioindicatrices

L’animation réalisée depuis deux ans s’attache à donner des outils aux agriculteur.ices pour observer la fertilité de leurs sols.

Les plantes bio-indicatrices:

Tour de plaine pour l’étude des plantes bioindicatrices

Dans un contexte de transition agroécologique, l’approche plantes bio-indicatrices s’est révélée pertinente pour connaître l’état biochimique de son sol. En effet les agriculteurs ont déjà une bonne connaissances des adventices de bases. C’est une approche transversale et adaptable à chaque contexte, permettant l’échange entre agriculteurs bio ou conventionnel, avec ou sans élevage.

Néanmoins, cette technique ne marche que si l’on n’utilise peu ou pas de désherbants. Il s’agit donc d’un changement profond de regard sur l’agronomie et donc d’une re-conception globale des systèmes mais pour lesquels le groupe était globalement ouvert.

Le diagnostic de fertilité:

Journée de formation sur l’étude du sol

Pour approfondir la méthode, nous avons fait appel à Jean-Pierre Scherer, qui a adapté une méthode de diagnostic de la fertilité, dans la philosophie de Gérard Ducerf. De nombreuses questions ont-été soulevé   :

  • Matière organique : qualité et gestion ? Quand et pourquoi mettre de la matière organique stable ou moins stable ?
  • Travail du sol : quel influence du travail du sol sur les dynamiques du carbone de l’azote ? quel lien avec sa structure ? Peut-t-on éviter le tassement ? Pourquoi et comment réduire le labour?

Sur les fermes diagnostiqués, il est clairement apparu un manque de matière organique stable garantissant des dynamiques équilibrés de l’azote et du carbone. Alors que le constat est plutôt évident (export des pailles, méthanisation d’une partie de la matière), les leviers ont rapidement été évoqués.

Les sols de champagne crayeuse sont pauvres peu profonds. Les agriculteurs ont approfondi l’horizon cultivable dans l’histoire en creusant dans la craie mais ne manière limitée car le sol est déjà très riche en calcaire:

Profil topographique d’une rendzine sur poche de cryoturbation en Champagne Crayeuse

L’avis du groupe: Le groupe a été séduit par cette journée de formation pendant laquelle des actions concrètes ont été proposées (utilisation de la bêche, test MO). Les agriculteurs souhaitent creuser davantage la question et bénéficier d’outils d’aide à la décision sur ces problématiques.