Pour des
campagnes
vivantes

Tribune – 1,7 million de voix s’élèvent contre la loi Duplomb

Le 23 juillet 2025

1,7 million de voix s’élèvent contre la loi Duplomb : au coeur de cette opposition, la défense de la santé, l’écologie, la démocratie et la souveraineté alimentaire

Ce mouvement n’est pas “contre” l’agriculture. Il en est la meilleure défense. En moins de dix jours, plus d’un million de citoyennes et citoyens ont signé une pétition contre la loi Duplomb, une dynamique sans précédent dans l’histoire de notre démocratie parlementaire. Le message est limpide : cette loi ne répond ni aux attentes du monde paysan, ni aux besoins de la société. Elle renforce un modèle agricole dépassé, qui fragilise les fermes, met à mal les écosystèmes et accroît les inégalités.

Pour nous, agricultrices et agriculteurs engagés dans le Réseau des Civam, ce succès spectaculaire ne fait que confirmer ce que nous portons depuis des mois : la loi Duplomb n’apporte aucune réponse durable à la crise agricole actuelle. Au contraire, elle en aggrave les causes.

Une loi imposée sans débat, un débat imposé par les citoyens

Rappelons qu’en mai dernier, le débat parlementaire a été évincé d’un revers de procédure, par une motion de rejet préalable. Aucun échange sur le fond, alors même que ce texte a des implications majeures pour notre agriculture, notre santé, notre environnement.
Grâce à cette pétition, un débat public va enfin pouvoir avoir lieu à l’Assemblée nationale. Mais ce débat doit être à la hauteur du signal lancé par plus de 1,7 million de citoyennes et citoyens, et des dizaines de milliers de paysans et paysannes mobilisés depuis des mois partout en France. Trois demandes fondamentales émergent de cette mobilisation :

  1. L’abrogation immédiate de la loi Duplomb.
  2. La révision du processus démocratique biaisé qui a permis son adoption.
  3. La mise en place d’une vraie concertation des acteurs de l’agriculture, de la santé, de la transition écologique et du droit.

Une loi au service d’une minorité, contre l’intérêt général

La loi Duplomb prétend “libérer” les agriculteurs. En réalité, elle sert les intérêts d’une minorité de la profession prise au piège du modèle productiviste. Ses mesures concernent seulement 3% des plus grands élevages, tout en remettant en cause des garde-fous essentiels pour la santé des agriculteurs et de leurs concitoyens. Ce texte ne vise pas à “libérer” les paysans. Il vise à pérenniser les privilèges d’un modèle minoritaire et destructeur, dont les effets sanitaires, sociaux et écologiques sont pourtant bien établis. Cette loi ne soulage pas les fermes, elle les enferme. Elle ne sécurise pas notre alimentation, elle ne prépare pas l’avenir, elle le compromet.

Une autre agriculture est possible, elle existe déjà

Des alternatives existent et montrent chaque jour leur efficacité. Partout en France, des agriculteurs et agricultrices s’engagent dans des pratiques qui allient autonomie, coopération, biodiversité cultivée : polyculture-élevage, agriculture de conservation, relocalisation des filières,…
Le Réseau des Civam, acteur de terrain de cette transition agroécologique, accompagne ces dynamiques. Ces fermes existent, elles produisent, elles nourrissent. Or ces modèles ne peuvent se développer sans politiques publiques courageuses et cohérentes.

Ce que cette pétition révèle, c’est une soif d’avenir, de démocratie, de transition. Un attachement profond à nos terres, à nos campagnes, à celles et ceux qui nous nourrissent.
Ce que cette pétition exprime avec force, c’est l’ampleur d’un mouvement sociétal sans précédent sur les enjeux agricoles et alimentaires. C’est plus de 1,7 million de voix qui s’élèvent pour une agriculture et des campagnes vivantes !

Réseau Civam

 

À propos des Civam

Les CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) sont des groupes d’agriculteurs et de ruraux qui travaillent de manière collective à la transition agro-écologique. Il s’inscrivent également dans des dynamiques collectives et citoyennes (réseaux InPACT, Collectif Nourrir, Sécurité sociale de l’alimentation….). Les CIVAM constituent un réseau de près de 130 associations, qui emploient 250 animateurs-accompagnateurs et qui œuvrent depuis 60 ans pour des campagnes vivantes. Ils agissent pour une agriculture plus économe et autonome, une alimentation relocalisée au cœur des territoires et des politiques agricoles, pour l’accueil de nouvelles populations et pour la préservation des ressources.

Contact presse :

Lucile Carriat- lucile.carriat[AT]civam.org – 06.41.88.31.81

Articles similaires

Lettre ouverte : pour un financement des PAT à la hauteur de leurs ambitions

Paris, le 18/12/2025,

Alors que s’ouvrent demain les débats en commission mixte paritaire pour voter le budget 2026, Réseau Civam demande, aux côtés de 45 autres organisations et 39 représentants des collectivités territoriales, la pérennisation des moyens financiers alloués aux Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) dans le budget 2026. Alors qu’aucun budget n’était prévu pour soutenir les dynamiques opérationnelles en 2026, la commission paritaire peut encore arbitrer et soutenir les amendements portés par le Sénat portant un financement “a minima” des PAT à hauteur de 10 millions d’euros.

Presse
Coopération avec les collectivités : des groupes de paysans-chercheurs impliqués pour la transition agroécologique et alimentaire 

Qualité et gestion de l’eau, préservation des ressources, approvisionnement de la restauration collective, relocalisation de l’alimentation, renouvellement des générations en agriculture… Les collectivités et organismes publics locaux se réapproprient progressivement les enjeux de la transition agricole. Pour les agriculteurs et agricultrices membres du réseau des Civam, ce sont de nouvelles occasions de partager leur expertise et de nouer des collaborations fructueuses avec les acteurs publics locaux pour une agriculture et une alimentation durables.

Paris, le 3 novembre 2025

Presse
Communiqué commun – Nomination de Annie Genevard au MASA : une urgence, le renouvellement des générations

En reconduisant Annie Genevard au ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire, le Premier Ministre a privilégié la continuité. Une rupture est pourtant nécessaire pour préparer l’avenir de l’agriculture française. Dans le contexte actuel, la coalition Installons des paysans interpelle sur l’enjeu à renforcer l’ambition de renouvellement des générations agricoles à travers un engagement clair via le budget et en lançant une expérimentation ambitieuse de France Services Agriculture avant son entrée en vigueur en 2027.

Installation - Transmission
Presse
Produire du lait autrement, pour des fermes vivantes et robustes

Depuis plus de dix ans, le Réseau CIVAM publie son observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers. L’édition 2025 vient confirmer, chiffres à l’appui, que les systèmes pâturants permettent aux éleveur·euses de maintenir des revenus stables tout en réduisant leurs impacts environnementaux.

Chaque année, les performances des fermes engagées en Agriculture Durable (AD) sont comparées à celles des exploitations laitières « conventionnelles » du Grand Ouest suivies par le RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole). L’échantillon de 155 fermes CIVAM (dont 128 en bio) démontre une stratégie gagnante : miser sur la valeur ajoutée et l’autonomie plutôt que sur la course au volume.

Agriculture durable
Presse
Lettre ouverte au premier ministre pour la publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat

Lettre ouverte de 117 organisations à l’attention de Sébastien Lecornu : il est crucial de publier la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat afin de protéger la santé des Français

 

Paris, le 24/09/2025

Presse
Tribune commune – Loi Duplomb : la bataille continue

Le 8 septembre 2025

Alors que début septembre 2025 s’ouvre une séquence d’importantes mobilisations en France, et que la justice vient de rendre une décision historique ordonnant à l’Etat de revoir ses procédures d’autorisation des pesticides, les attentes des millions de citoyen·nes qui ont signé la pétition contre la Loi Duplomb ne peuvent être balayées d’un revers de main. Le déni de démocratie et des enjeux réels pour le futur de notre agriculture et de notre alimentation sont inacceptables et contribuent à la colère qui gronde dans le pays.

Presse