Pour des
campagnes
vivantes

Détricotons le groupe de femmes du CIVAM DEFIS

Une tribune libre du Groupe de femmes CIVAM DEFIS (44)

« Un groupe de femmes ? Est-ce qu’on fait un groupe d’hommes nous ? C’est un peu excluant comme idée non ? » Nous avons pu entendre ce genre de propos maintes et maintes fois depuis fin 2013, date à laquelle a démarré le fameux « groupe de femmes » de DEFIS.

2013 Création du groupe

Une idée saugrenue comme une évidence

Mais ce groupe, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre… de deux femmes, qui à l’aube de leurs 40 ans s’installent en bovin lait, l’une avec un tiers hors cadre familial, l’autre avec son frère sur l’exploitation familiale. Elles se rencontrent la 1ère fois quelques mois après leur installation. Elles échangent leurs parcours, leurs motivations, leur envie de réussir.  Puis, elles se rencontrent une seconde fois, 4 ans plus tard lors d’une formation Civam. Elles se reconnaissent à peine mais échangent en fin de journée.

Elles se rendent compte qu’elles vivent et ont vécues les mêmes difficultés, les mêmes appréhensions, les mêmes doutes, les mêmes arrêts de travail. L’idée “saugrenue” d’un groupe femme apparaît comme une évidence.

Echanger entre professionnelles de l'agriculture

Tout d’abord, pour échanger entre professionnelles de l’agriculture. On n’est pas là pour faire un recueil de fiches recettes, ni pour organiser une balade dans un parc floral…On est là pour échanger sur notre quotidien, pour réfléchir à notre place dans le milieu agricole et la société en général et pour s’outiller de manière à gagner en bien-être et en durabilité sur nos exploitations.

Nous avons pour la plupart démarré notre carrière professionnelle pleines d’illusions sur l’égalité hommes / femmes mais nous avons toutes rapidement compris que les représentations étaient relativement figées quant au rôle de chacun et chacune dans le milieu et dans les fermes.

Et si on ne rentre pas dans le moule ? Si on est fatiguée de ne pas oser prendre la parole aux réunions techniques massivement masculines par peur de poser une question bête ? Si on n’a pas envie « d’être le robot de traite et la comptable » ? Si on ne veut plus entendre les techniciens demander « il est où le patron » ? Si on veut participer plus activement aux décisions stratégiques de l’exploitation ?

Alors, on se réunit et on en parle. Et on cherche. On fait venir des intervenants (sur la communication non-violente, les freins au changement, la prévention des maux de dos…) et on se forme pour apprendre à se connaître, à réfléchir sur nous-mêmes et notre manière d’être pour s’affirmer et gagner en confiance en soi.

Un espace où la parole est libérée

On s’est créé un espace à nous, un espace de compréhension mutuelle où la parole est libérée. Un espace où se rencontrent des personnalités diverses, des productions diverses et des parcours divers. Un espace où se rencontrent des femmes sans étiquette politique ou syndicale, des femmes agricultrices.

Loin de nous l’idée de lancer une révolution féministe. Nous cherchons juste à trouver un équilibre qui nous convienne mieux.