Pour des
campagnes
vivantes

Transmission et renouvellement des générations en agriculture : l’agriculture citoyenne interpelle les candidat·es aux élections régionales

Faire débattre de la transmission des fermes pendant les élections régionales, un pari tenu pour le pôle InPACT. Fortes de plus de quinze ans de travail collectif sur l’installation et la transmission dans les régions, les structures d’InPACT (Réseau Civam, Fadear, Terre de liens et InterAfocg) ont construit ensemble depuis 2020 un plaidoyer commun pour faire émerger la question de la transmission des fermes comme enjeu majeur des élections régionales.

D’ici 2022, 40 % des paysan·nes auront atteint l’âge de la retraite , et le rythme actuel des installations ne permet de renouveler qu’un actif agricole sur trois. Entre 2000 et 2017, c’est un tiers des exploitations qui a disparu du territoire français . Si pour beaucoup la transmission d’une ferme relève de l’intime, ces chiffres montrent que c’est une urgence économique et sociale, pour créer de l’activité et de l’emploi en milieu rural, mais aussi environnementale et sociétale, pour répondre aux aspirations des citoyen·nes qui s’expriment en faveur d’une alimentation de proximité et de qualité ainsi que des modes de production durables et respectueux de l’environnement.

Des recommandations

Prenant appui sur leur travail de terrain ainsi que sur l’analyse des dispositifs déjà existants dans certaines régions, les structures du pôle InPACT ont publié un livret de recommandations à l’intention des conseils régionaux. L’action des régions pourrait être renforcée sur trois points.

  1. Miser sur l’accompagnement dans la durée du binôme cédant·e-repreneur·euse.
  2. Créer des dispositifs complets facilitant la transmission du foncier agricole.
  3. Se placer en acteur central des politiques d’installation-transmission à tous les niveaux (européen, national, régional et local).

Des actions

Convaincues de l’importance de l’action des conseils régionaux en matière de transmission, de nombreuses associations ont mené des actions de plaidoyer pour rencontrer les candidat·es aux régionales, les questionner sur leurs engagements en faveur du renouvellement des actifs agricoles et leur proposer de porter des propositions concrètes qui répondent aux enjeux spécifiques de leur territoire.

En Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre du projet « Transmettre les fermes, c’est l’affaire de tous », plusieurs associations de la région ont convoqué candidat·es et journalistes sur la ferme du Val-Fleury (42), qui a fait l’objet d’une transmission réussie il y a quelques années. Pour ces associations, la région est un acteur clé du renouvellement des actifs agricoles. « En agissant sur la transmission des fermes, et en orientant les compétences liées à la PAC dans la même direction, ce sont toutes les politiques publiques – et les investissements associés – en matière d’environnement, de social, d’économie rurale, de souveraineté alimentaire, d’emploi, qui seront positivement et durablement impactées. »

En Île-de-France, où l’agriculture ne représente que 3 % du budget régional, les membres du pôle Abiosol ont réussi à convoquer plusieurs têtes de listes à un débat public retransmis en direct sur les réseaux sociaux. « Des candidat·es ont repris les questions de transmission, preuve que la campagne a plutôt fonctionné ».

Les candidat·es de Nouvelle-Aquitaine n’avaient pas d’excuse pour ne pas s’intéresser à l’agriculture, les associations membres du Pôle InPACT régional ayant organisé en un temps record pas moins de six visites de fermes dans différents départements du territoire. Une occasion pour les paysan·nes de rappeler que leur métier répond à de nombreux enjeux, à l’instar de Pierre-Antoine Raimbourg, éleveur en Charente Limousine. « La mission de la ferme de Gorce n’est pas seulement de produire de la viande bio de qualité, nous mettons en place des actions concrètes pour maintenir l’équilibre naturel des écosystèmes et développer la biodiversité, pour transmettre des compétences en agroécologie et pour préserver la santé des citoyens et des consommateurs. »

Un travail qui ne fait que commencer

Le travail de plaidoyer ne fait que commencer. Maintenant que les nouveaux exécutifs régionaux sont en place, il s’agit de continuer les dialogues engagés sur les différents territoires, pour transformer les propositions faites en politiques ambitieuses, afin que la transmission soit un réel levier de la transition des systèmes agricoles vers plus de durabilité.

 

Découvrez en plus sur nos travaux et nos actions

 

À propos du pôle InPACT

InPACT, Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale, est un collectif national réunissant des structures diverses, professionnelles et citoyennes, qui œuvrent dans le champ du développement agricole et territorial : Terre de liens, Solidarité Paysans, Nature et Progrès, MRJC, Miramap, InterAfocg, Fadear, Réseau Civam, L’Atelier paysan, Accueil paysan.
Des pôles InPACT existent dans de nombreuses régions. Ils regroupent tout ou partie de ces partenaires, ainsi que d’autres de dimension locale partageant les mêmes valeurs.

 

Articles similaires

Restructurer pour mieux transmettre

Chaque année, près de la moitié des terres libérées partent à l’agrandissement et 10 000 à 15 000 fermes disparaissent. Une partie d’entre elles pourrait pourtant être conservée pour autant que l’on résolve les inadéquations constatées entre les fermes à reprendre et les projets d’installation. Des agriculteurs et agricultrices ont trouvé des solutions, formalisées sous le concept de la transmission-restructuration par le collectif InPACT.

Installation - Transmission
Favoriser des installations nombreuses et durables

Face aux multiples enjeux que connaît le secteur agricole, les membres du Pôle InPACT plaident pour une transition agroécologique profonde et durable. Pour prendre ces enjeux à la racine, il ne suffit pas de renouveler les générations, il faut installer massivement des paysan·ne·s qui permettront une transition profonde de l’agriculture française vers des systèmes diversifiés, créateurs d’emplois et ancrés dans des bassins agricoles et alimentaires durables.

Installation - Transmission
PAC : Le changement d’échelle agro-écologique passe par l’agriculture de groupe

Les concertations s’achèvent pour l’élaboration du Plan Stratégique National (PSN) sur le premier pilier de la future PAC et les discussions sur le second vont commencer. Pour la FNCuma, Trame et Réseau Civam, les collectifs locaux d’agriculteurs sont des laboratoires d’innovations sociales, organisationnelles et techniques. Et il est temps qu’ils intègrent l’architecture de la future PAC.

Presse
Elections Régionales : les recommandations du Pôle InPACT pour la transmission et le renouvellement des générations en agriculture

Entre 2000 et 2017, plus d’un tiers des exploitations agricoles a disparu en France et la main-d’œuvre agricole permanente a diminué de 30 %. Pour les régions, l’enjeu du renouvellement et de l’augmentation des actifs n’est pas simplement agricole, il est aussi économique et social. Les conseils régionaux peuvent beaucoup pour l’installation et la transmission agricoles. Les structures du réseau agricole et citoyen InPACT, fortes de plus de quinze ans de travail sur ce sujet dans les régions, proposent leurs recommandations.

Installation - Transmission
Partenariats
PAC 2023 : les Civam proposent de nouvelles mesures pour la transition agroécologique !

Les négociations sur la réforme de la PAC battent leur plein. Dans ce contexte, les Civam, force de proposition en matière de transition agroécologique, ont fait des préconisations pour des mesures propres à soutenir les paysannes et les paysans qui souhaitent faire évoluer leurs fermes vers des systèmes plus économes et plus autonomes.

Dans la lignée des MAEC (Mesures Agro Environnementales et Climatiques) Système actuelles, nous proposons des mesures systémiques, progressives, établies sur la base de contrats pluriannuels et ouvertes sur tout le territoire pour accompagner les exploitations agricoles vers l’agroécologie.  

Agriculture durable
Propositions
Fixer son prix d’accueil

Les accueils sociaux ou éducatifs à la ferme peuvent constituer une activité de diversification pour l’exploitation, qui génère un revenu complémentaire parfois indispensable. Mais les questions qui se posent face à la fixation des prix d’accueil sont nombreuses: comment prendre en compte la diversité des accueils (publics, durée, type d’accueil, lieux…) et des accueillants (situation économique, souhaits, pratiques…) ? Comment prendre en compte les contraintes des structures partenaires ? Comment faire reconnaître le temps consacré à l’accueil et son impact social ?

Accueil
Installation - Transmission