Le Pays Mauléonais regroupe 7 communes avec 12 000 habitants au nord des Deux-Sèvres. C’est un territoire riche d’un tissu associatif qui questionne et porte des actions autour du lien, de l’action sociale, de l’alimentation.
Une cantine pour tous ?
La commission de solidarité du CSC a fait un double constat : un isolement social de personnes du territoire (personnes âgées, personnes éloignées de l’emploi …) et une dégradation de l’alimentation en terme de qualité et de quantité. « Nous souhaitons apporter une réponse complémentaire aux actions déjà en place du CCAS de Mauléon autour de l’aide alimentaire ». L’idée de la cantine participative et solidaire était née !
Après la projection du film « La Part des Autres » du Réseau Civam, la commission s’est étoffée et s’est mise en lien avec d’autres acteurs du territoire (Emmaüs, Esiam, Structure d’Aide Alimentaire). Une Charte a été rédigée pour officialiser les objectifs du projet.
Connaître les besoins du territoire
En complément de cantines test, un diagnostic de territoire a été mené par une classe de BTSA DATR de Bressuire (Développement, Animation des Territoires Ruraux). « Nous souhaitions connaître les habitudes alimentaires des habitants et identifier les pistes d’actions pour répondre à leurs besoins » détaille Emilie Baranger, Médiatrice Sociale au CSC.
Parmi les idées, la cantine participative était citée avec les jardins partagés et les paniers solidaires. Le projet de cantine pouvait poursuivre sa consolidation.
Expérimenter un approvisionnement durable
Une fois par mois, un groupe de bénévoles se regroupe. Autour d’un·e cuisinier·ère de métier ; ils concoctent ensemble un menu complet dans des locaux prêtés par la mairie. La recette : de la convivialité, des produits locaux et durables et la fabrication d’un repas pour une cinquantaine de personnes.
En 2026, six cantines ont ainsi été menées avec à chaque fois, une équipe de cuisine motivée et une belle diversité de mangeurs. Le Civam se charge de l’approvisionnement en produits. L’objectif est d’expérimenter un modèle économiquement viable en s’appuyant sur les producteurs du secteur : viande, légumes, produits laitiers, pâtes, légumineuses, fruits… Le reste est commandé auprès d’épiceries locales ou Biocoop.
« C’est un vrai plaisir de se retrouver pour cuisiner et partager un bon repas de saison. Le prix libre permet à chacun de contribuer à hauteur de ses moyens » résume Marc Pousin, administrateur au Civam du Haut Bocage.
Le bilan semestriel permettra d’analyser l’organisation, les résultats obtenus et d’envisager les améliorations.
Stéphanie Prestavoine, Civam du Haut Bocage
Cet article a initialement été publié dans la Lettre de l’Agriculture Durable, magazine trimestriel de Réseau Civam, en juillet 2026, n°117.