Pour des
campagnes
vivantes

Zoom sur des filières territoriales & des projets de mutualisation

De plus en plus de collectifs engagés dans une démarche agro-écologique, décident d’aller plus loin et de diversifier leur production via une filière territoriale. Pour pérenniser leurs débouchés, ils prolongent leur démarche par une valorisation collective de nouvelles productions alimentaires (lentilles, farine, viande …) ou non alimentaires (chanvre…), engageant à leurs côtés d’autres acteurs économiques, associatifs et publics locaux. Soutenu dans cette démarche par les dispositifs publics, ils questionnent également la transformation, la distribution et la qualification de leurs produits. Petit tour d’horizon de différentes initiatives de groupes Civam sur le territoire.

La PaPAmobile : une distillerie mobile pour la Haute-Provence

A l’origine, ce sont plus de 10 agriculteurs qui se sont montrés intéressés par une diversification en Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (PPAM) bio avec le besoin d’un outil de distillation mobile commun.
Le collectif constitué en association « Le sens de Provence » a été reconnu GIEE en 2014. Tout d’abord, Agribio 04 a accompagné le GIEE pour définir le dimensionnement de l’unité de distillation mobile en partenariat avec le CRIEPPAM et Nateva.
L’unité de distillation mobile – la PAPAMobile – a été fabriquée par Nateva en 2015 et mise en service en 2016. Composée de deux alambics, elle permet de répondre à la diversité des exploitations du collectif. Elle a été financée par le Conseil Départemental des Alpes de Haute-Provence, des fonds FNADT de l’État, une souscription participative sur le site MiiMOSA® et les agriculteurs membres du collectif.
Ensuite, Agribio 04 a accompagné le GIEE dans le développement des connaissances techniques pour la culture de PPAM bio et l’optimisation de la production et de la transformation à l’échelle de l’exploitation (base d’accueil de la distillerie, acquisition de matériels de désherbage mécanique, de battage et de tri mécanique pour le séchage, etc)

A partir de 2019, Agribio 04 accompagnera le collectif sur l’optimisation de la qualité des huiles essentielles et hydrolats obtenus grâce à la distillerie mobile, qualité indispensable pour assurer une bonne valorisation des produits.

«Le projet est né du besoin pour les producteurs biologiques d’être autonomes dans tout le processus, de la culture à la production d’huiles essentielles et de garantir une forte traçabilité. L’absence d’une distillerie adaptée à nos petites structures et nos volumes de production était un
frein pour l’installation de beaucoup de jeunes et la diversification des productions en plantes aromatiques. L’union fait la force !»
MAGALI BERNARD, Agricultrice Bio

 

Un PEI pour le multi-séchage en Champagne-Ardenne

L’absence d’outils de stockage et de première transformation de petite taille est identifiée comme un frein à la diversification en système de grandes cultures. Pour combler ce manque, notamment en agriculture biologique, et ressentant le besoin de reprendre en main une partie du processus de production, des agriculteurs de divers horizons ont formulé de nouvelles propositions, grâce à un Partenariat Européen pour l’Innovation.

Le groupe Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales du CIVAM de l’Oasis a été initiateur du PEI Séchoir dont l’idée initiale est d’optimiser des séchoirs existants pour qu’ils puissent accueillir des productions diversifiées et délicates (chènevis bio, PPAM), et optimiser la logistique
entre la parcelle et le séchoir via la mutualisation des outils.

Un premier groupe opérationnel piloté par la FRCUMA Grand Est, composé de Bio Grand Est et du CIVAM de l’Oasis, s’est penché sur la problématique dans le dispositif 16.1 (équivalent à l’Émergence), avec une étude technique sur les besoins en séchage de différentes productions. La seconde phase permettra de tester l’adaptation de séchoirs en grange pour d’autres productions plus confidentielles. En parallèle, un bureau d’étude sera chargé d’évaluer la faisabilité de la mise en place d’un outil multi-réseaux (coopératives, agriculteurs individuels…), type « application mobile », capable en temps réel de connaître les possibilités de séchage aussi bien pour les agriculteurs que pour les opérateurs.
De nouveaux acteurs travaillent ensemble, ce qui est en soit une innovation, mais les questionnements de logistique et de traçabilité constituent un défi inhérent à la relocalisation des productions sur les territoires.

Mutualisation logistique en circuits courts pour le Jardin de Petitou

L’association le Jardin de Petitou a été créée en août 2014 à l’initiative de 4 jeunes agriculteurs bio gardois afin de proposer un service de mutualisation pour la commercialisation de paniers de fruits et légumes en circuits courts.

En 2016, ils lancent un site internet permettant aux consommateurs de commander en ligne leurs paniers de produits bio et locaux. Des producteurs bio partenaires contribuent au projet et viennent renforcer la gamme de produits bio offerte aux consommateurs et adhérents du Jardin de Petitou.

L’association s’occupe de la logistique de commercialisation pour offrir un circuit court facile d’accès! Trouver de nouveaux producteurs partenaires, gérer les commandes et la boutique en ligne, assurer la préparation des commandes et la mise en paniers puis livrer les commandes dans des points relais, telles sont les missions du Jardin de Petitou.

Aujourd’hui, ils livrent 80 à 100 paniers chaque jeudi dans une vingtaine de points relais répartis sur Nîmes, la Vaunage, le Sommiérois et le Piémont-Cévenol. Ils proposent leur service à une cinquantaine de producteurs gardois sur des fruits, légumes, pains, fromages, viande, épicerie, vin, olive, etc.

La vocation de l’association est également de sensibiliser les citoyens à la consommation de produits de qualité, bio et locaux ainsi que de rendre ces produits accessibles au plus grand nombre.

www.lejardindepetitou.fr

 

Lo Sanabao : un CIVAM autour de la filière chanvre en Limousin

Les chanvriers de Lo Sanabao produisent du chanvre bio (ou tout comme), transformé à la ferme, et commercialisé en majeure partie en circuit court.

Pourquoi se tournent-ils vers le chanvre ? Pour apporter une diversification économique, culturale sur les fermes du Limousin à dominance élevage. Aujourd’hui, l’association regroupe une quinzaine d’agriculteurs dispersés sur les 3 départements du territoire, avec divers profils (éleveurs, maraîchers, céréaliers).

Pourquoi faire du chanvre en collectif ? Plus que jamais, les agriculteurs du groupe ont besoin de l’avis des uns et des autres, des expériences des plus expérimentés, du savoir faire capitalisé au fur et à mesure, afin de réussir toutes les étapes du processus de transformation ! Car le chanvre est une plante « de caractère » qu’il faut bien connaître pour arriver à la valoriser. Il faut par exemple s’équiper de la bonne faucheuse, de la bonne ensileuse, utiliser le trieur commun pour ensuite pouvoir commercialiser quelque chose. Autant d’étapes qui sont délicates à assurer tout seul, sans soutien de l’association. Si on voit le côté positif, cela permet de faire des chantiers communs, en créant du lien sur le territoire, quand on est plutôt habitué à être seul avec ses vaches.. !

Et le GIEE dans tout ça ? Ce financement permet de mettre une animatrice (presque à mi-temps) au service du groupe, afin de faire du lien entre les agriculteurs, faciliter le partage des savoirs-faire, organiser des moments de rencontre entre les producteurs, rechercher des débouchés communs à l’association.. ; ainsi que des moyens pour la filière : éléments de communication sur les produits issus du chanvre, etc…

Articles similaires

Revenu paysan : de quoi parle-t-on ?

Payer le prix juste au producteur, qu’est-ce que cela veut dire ?
Le prix payé à l’agriculteur n’est pas que la rémunération de son travail, il vient aussi couvrir des charges ou permettre des investissements liées à des choix productifs. Cette fiche apporte des éclairages indispensables pour prendre de la hauteur et nourrir un débat bien plus vaste sur le prix de notre alimentation : inflationcoûts cachésaccessibilité alimentaire ou encore sécurité sociale de l’alimentation.
Et peut-être résoudre… la quadrature du poireau !

Alimentation
Quelle sera l’alimentation de demain : le réseau des Civam se réunit pour construire des alternatives durables

Les journées nationales des Civam se tiendront les 11-12-13 Octobre 2023 dans le Pays Basque sur le thème “Comment nous nourrirons-nous demain ?”. Rassemblant monde agricole et rural, cet événement sera l’occasion de partager des initiatives et de proposer des solutions.

Alimentation
Évènement
Presse
Bâtir la Sécurité sociale de l’alimentation, pour sortir des logiques de charité

Face à l’urgence alimentaire, le Collectif pour une Sécurité sociale de l’alimentation, dont nous sommes membres, publie une tribune, dans Marianne, pour appeler à sortir des logiques de charité et à construire une Sécurité sociale de l’alimentation.

 

Alimentation
Presse
Restos du cœur : répondre à l’urgence alimentaire ne suffira pas

Dimanche dernier, le président des Restos du Cœur a poussé sur TF1 un réel cri d’alarme. Entre l’inflation et l’explosion de la précarité alimentaire, les associations d’aide alimentaire débordent. Engagé depuis de nombreuses années pour le droit à l’alimentation, Réseau CIVAM appelle le gouvernement à entendre l’alerte lancée par les Restos du Cœur mais aussi et surtout à s’attaquer aux causes structurelles du non-accès à une alimentation durable et de qualité.

Alimentation
Presse
Chiffrer les coûts cachés de notre alimentation ?

Parce que le prix d’un produit ne dit pas tout du véritable coût de notre alimentation… Réseau Civam participe à une grande étude lancée par le Secours Catholique – Caritas France, avec le BASIC et Solidarité Paysan pour estimer les impacts et les coûts engendrés pour les pouvoirs publics par le système alimentaire français actuel.

Alimentation
Précarité et aide alimentaire : regards croisés sur les limites d’un système.

A l’occasion de la sortie de leurs ouvrages respectifs – La France qui a faim et Quand bien manger devient un luxe – Réseau Civam a reçu le 12 mai dernier l’anthropologue Bénédicte Bonzi et le journaliste Benjamin Sèze afin d’échanger sur la précarité alimentaire et ses enjeux (en direct et en visio avec le Réseau Civam). De la stigmatisation de la précarité à la démocratie alimentaire, retrouvez les extraits d’une riche discussion.

 

Alimentation