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campagnes
vivantes

Observatoire des systèmes herbagers dans le Grand Ouest

Depuis 10 ans, les systèmes herbagers montrent leurs performances de durabilité

Sur la période 2008-2017, les fermes laitières du Grand Ouest se sont agrandies. Elles produisent de plus en plus, sans pour autant améliorer leurs résultats. Leur revenu est très dépendant du prix du lait, tandis qu’augmentent les risques techniques, financiers et humains.

Néanmoins, avec moins de terres, d’animaux et d’investissement, les systèmes herbagers dégagent autant, si ce n’est plus de revenu, font vivre plus de monde sur les fermes et préservent l’environnement. Recherchant la création de richesse plus que les quantités produites, ils résistent mieux aux aléas économiques. Tel est le constat de la dernière étude de l’Observatoire technico-économique du Réseau CIVAM sur 10 ans. Cet observatoire compare chaque année les performances des systèmes herbagers CIVAM avec les exploitations laitières du RICA (Réseau d’Information Agricole) du Grand Ouest.

+ 7 K€ Revenu disponible par Actif
+ 5 Actifs agricoles/Km2
+10% efficacité économique

Les fermes laitières conventionnelles ballottées par les crises

Sur les 10 années étudiées, la fin des quotas a engendré des fluctuations de prix, dont 2 crises laitières et l’étude de l’Observatoire  montre que les résultats des fermes laitières conventionnelles sont très impactés par le prix du lait. Cet effet est d’autant plus fort que la production est importante. Le Revenu Disponible moyen par actif du RICA peut ainsi varier de 16 000 € d’une année sur l’autre.

Des fermes herbagères qui dégagent davantage de valeur ajoutée

Dans ce contexte incertain, les fermes herbagères ne cherchent pas à produire le maximum de lait, mais à dégager un maximum de valeur ajoutée.

En s’appuyant sur les ressources naturelles présentes, les herbagers produisent à moindre coût. Une ferme herbagère non bio dégage en moyenne 24 920 € de Revenu Disponible par actif, soit 7000 € de plus que la moyenne RICA (+39%), avec 85 000 L de lait vendu en moins. Au final, il y a 246 € de plus par hectare de Résultat Social** et  5 actifs agricoles en plus pour 10 km2. Ces résultats sont encore plus intéressants pour les fermes herbagères en agriculture biologique.

 

La stratégie volume prise en défaut d’efficacité

La ferme moyenne RICA, malgré les crises laitières, poursuit toujours une stratégie de maximisation des volumes, avec des résultats économiques calés sur le prix du lait. Pourtant, l’étude montre qu’il n’y a pas de baisse de charges au litre de lait quand le volume produit augmente. Cette stratégie a pour conséquence des conditions de travail tendues, des disparitions de ferme et des campagnes qui se vident.

Les conduites techniques qui visent à produire beaucoup en consommant beaucoup ont des impacts environnementaux marqués : 4 fois plus de dépenses de phytos et d’engrais minéraux par hectare par rapport aux herbagers non bio. La stratégie ‘volume’ apparait donc risquée et peu efficace, pour les agriculteurs, comme pour l’environnement.

Une conviction des Civam : miser sur les systèmes herbagers !

Face à cette dynamique inquiétante du secteur laitier et l’enjeu des nombreux départs à la retraite à venir, il est urgent d’abandonner la course aux volumes et aux investissements. Il est temps que les éleveurs, comme les décideurs, misent sur les systèmes herbagers.

Ces fermes montrent qu’il est possible de faire différemment : en recherchant un système économe et autonome, créateur de valeur ajoutée, on peut rémunérer des actifs agricoles, garder des outils de production transmissibles et être à la hauteur des enjeux environnementaux.