Pour des
campagnes
vivantes

Fermoscopie – GAEC Atout trèfle

Installés à Bédée en Ille-et-Vilaine ( 35 ) , Sylvie et Pierre-Yves Plessix Hamon ont une activité bovine laitière et font de l’accueil à la ferme. Ils cherchent à améliorer leur valeur ajoutée, à suivre les rythmes biologiques et à s’assurer du temps libre. Fermoscopie

 

SAU : 31 ha (très groupé autour du siège) – Nombre d’UTH : 2
Sol : Limoneux hydromorphe profond – Pluviométrie : 740 mm
Cultures : Maïs ensilage, Prairies temporaires graminées-légumineuses

 

Indicateurs technico-économiques

1,2 UGB/ha de SFP               Coût alimentaire = 39 €/1000 L
Coût engrais = 0 €/ha            Coût pesticides = 0 €/ha
EBE/produits = 69 %            VA/produits = 72 %
EBE/UTH = 36 000 €            VA/UTH = 31 800 €

Revenu disponible / UTH = 33500 €

 

Leurs objectifs

  • Coût d’alimentation le plus faible possible
  • Suivre le rythme biologique et le rythme de la nature
  • Avoir du temps libre et d’autres activités (gîtes)
  • 6 semaines de vacances dans l’année

Leur parcours

 

Les cultures

Deux systèmes de culture co-existent sur l’exploitation. D’une part les prairies naturelles de bord de rivière qui ne sont jamais labourées, d’autre part une rotation très longue où un maïs ensilage succède à une prairie temporaire de longue durée. Les prairies temporaires sont des association de graminées et légumineuses. Exemple : Fétuque élevée, Trèfle violet, Trèfle blanc, Pâturin, Ray Gras Anglais, Ray Grass Italien.

«Si on fait des mélanges c’est les plantes qui se plaisent le mieux qui vont s’adapter et il y a plus de chance d’avoir un meilleur rendement de prairies »

Le maïs est implanté mi-mai après une prairie dégradée (salissement…) dans l’objectif de la renouveler l’année suivante. Il est désherbé mécaniquement mi-mai avec deux passages de houe rotative (fin mai) et un passage de bineuse (juin ou juillet). Un maximum de travaux à l’exception de la fenaison sont délégués à la CUMA ou à l’ETA. Cela permet de limiter le temps de travail et les investissements en matériel.

« ça coûte moins cher et ça gagne du temps. A ça s’ajoute la satisfaction de créer de l’emploi ».

 

Elevage

Résultats techniques

  • Nb de vaches = 33
  • Volume vendu = 165 000 L
  • Production par vache = 5000 L
  • Coût concentrés = 0 €/1000L
  • Coût fourrager = 39 €/1000L
  • Coût alimentaire = 39 €/1000L
  • Coût vétérinaire = 15 €/UGB

Alimentation

Vaches laitières : cf. calendrier fourrager ci-dessous, maximisation du pâturage, fermeture des silos mi-mai jusqu’à mi-octobre. Aucuns concentrés.
Génisses : Pâturage et foin au râtelier.
Gestion du pâturage : Déprimage mi-mars le plus ras possible sans abîmer les parcelles (selon portance) pour favoriser le développement du trèfle.Les génisses pâturent sur les parcelles les plus éloignées et les laitières sur les parcelles les plus proches. Possibilité de faire une fauche-pâture en mai pour éviter les refus.
Stocks : 70 à 80 TMS de fourrages stockés chaque année. 1 ha de maïs ensilage tout les ans et 7 à 10ha d’herbe ensilée chaque année. Essayer de faire une fauche par an sur toutes parcelles mais pas toujours le cas en fonction des besoins en stocks et des possibilités de pâturage. Le reste est stocké en foin ou enrubannage.

« En simplifiant au maximum le système on se fait remplacer sans problème, ce n’est pas inquiétant et pour la personne qui vient c’est plus facile aussi. »

Reproduction et renouvellement du troupeau

Croisement à 3 voies : à l’installation troupeau de race Holstein pas très adaptée au système herbager pâturant mis en place par la suite (tendance à maigrir facilement ce qui entraine des problèmes de fécondité). Pour améliorer la santé de ses vaches, croisement avec les races Montbéliarde et Rouge scandinave. L’objectif est de favoriser l’hétérosis et la rusticité des animaux issus de croisements : avec de bonnes pattes, et un petit gabarit, qui peuvent pâturer la majeure partie de l’année, sur des sols parfois peu portants. Les reproducteurs sont choisis selon leur index fonctionnel : longévité, fécondité, santé de la mamelle…
Groupement des vêlages : La reproduction se fait par insémination ou saillie à partir du 25 mai pour qu’un maximum de vêlages ait lieu en mars. Les vaches décalées sont mises à la réforme. Ce système a nécessité 2 ans de mise en place pour décaler progressivement les vaches qui autrefois vêlaient en été ou en automne.
Insémination : 10 inséminations sur des vaches qui n’ont aucun soucis de santé : bonne pattes, pas de mammites…
Saillie : les taureaux sont des mâles issus des IA, ils sont gardés seulement deux ans pour éviter les problèmes d’agressivité.
Renouvellement : les génisses issues de l’insémination sont conservées pour le renouvellement. Si nécessaire des génisses issues de saillies sont conservées également, de préférence les premières nées issues de mères ne posant pas de problèmes particuliers et avec une bonne rusticité afin d’avoir un lot homogène de génisses.
Elevage des génisses : les veaux sont nourris au lait yaourtisé fabriqué avec le lait des vaches fraîches vêlées, de l’argile y est ajouté pour diminuer les risques de diarrhées. Sevrage à trois mois.

Gestion de la traite

Chacun des associés fait une traite dans la journée de mars à décembre, de cette manière ils sont moins exposés aux problèmes physiques liés à cette astreinte.
Tarissement : les vaches sont toutes taries le même jour, même celles qui donnent encore du lait.
Fermeture de la salle de traite : pendant 2,5 mois de fin décembre à début mars, les vêlages étant groupés de mars à avril.
Monotraite : Mise en place 10 jours avant le tarissement et 10 jours à la réouverture de la salle de traite car il y a peu de lait. Pas de monotraite le reste de l’année pour éviter les pics de cellules.
Cette organisation permet d’avoir de la souplesse par rapport à l’astreinte de la traite, ce qui se répercute sur la santé et le bien-être au travail en se calant sur les rythmes biologiques des travailleurs (moins efficace en hiver qu’en été quand il fait beau) et des animaux qui dans la nature vêlent au printemps.

« Je crois que ce qui rend la chose difficile pour certains éleveurs, c’est de devoir renoncer à un animal qu’ils auraient voulu garder, mais il faut savoir où on met la priorité. On passe d’une gestion individuelle où on gère individuellement chaque vache à une gestion de troupeau où les vaches ont toutes la même alimentation. On se préoccupe pas de savoir combien de lait donne telle vache ou telle vache, ce qui compte c’est ce que donne le troupeau globalement et que les vaches fécondent au bon moment.»

 

 

 

Diagnostic de durabilité de l’exploitation

Ces résultats sont issus du diagnostic de durabilité du Réseau Civam. Les seuils des indicateurs ont été définis en se basant sur la réalité des pratiques des agriculteurs du réseau et sur des projections politiques à atteindre pour certains indicateurs (transmissibilité, sensibilité aux aides). Les barèmes n’ont pas le même sens, ni la même réalité en fonction des types de production.

 

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