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SNANC, loi Duplomb : quelle cohérence pour les politiques publiques de l’alimentation ?

Le 11 février 2026, le gouvernement a publié la nouvelle Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), visant à promouvoir une alimentation durable pour tous. Mais alors que le texte fixe pour la première fois un cap interministériel, son caractère non-contraignant et la simultanéité avec la loi Duplomb, favorable à l’agriculture industrielle, soulèvent des interrogations sur la cohérence et l’efficacité des politiques publiques agricoles et alimentaires.

Mercredi dernier, la nouvelle stratégie pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) était annoncée, après près de trois ans de tractations pour aboutir à un texte visant une alimentation durable pour tous. Si le caractère non-contraignant du texte interroge sur sa capacité à infléchir le système alimentaire, notamment sur la régulation du marketing à destination des enfants, il permet, pour la première fois, de donner un cap interministériel sur l’alimentation.

Ce même mercredi avait lieu un débat à l’Assemblée Nationale autour de la loi Duplomb favorisant une agriculture industrielle, néfaste pour notre environnement. Comment oser penser une alimentation durable sans penser la production durable nécessaire pour l’atteindre ? La sortie conjointe de la SNANC et des discussions autour de la loi Duplomb révèle l’absence de pilotage, voire une forme de contradiction, en matière de politiques publiques agricoles et alimentaires.

Pour clarifier ces divergences, voici une comparaison point par point entre les objectifs de la SNANC et les mesures de la loi Duplomb :

1. Limiter l’usage des produits phytosanitaires pour protéger l’environnement

  • La SNANC : s’articule avec les objectifs de la stratégie Ecophyto 2030 et avec la stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) : objectifs de -50% d’utilisation de produits phytosanitaires.
    « Réduire fortement les usages de produits phytopharmaceutiques et les risques et lutter activement contre les pollutions dues aux excès de nitrates associées aux pratiques agricoles constituent des leviers importants de protection de la biodiversité, des sols et de l’eau. »
  • La loi Duplomb : réintroduction de l’acétamipride, néonicotinoïde interdit en France jusqu’alors.

2. Limiter les substances dangereuses pour la santé humaine

  • La SNANC : vise une alimentation saine pour tous, dans une logique “Une seule santé” en protégeant la santé des citoyens mais aussi des producteurs.
    « Selon l’OMS, l’alimentation et l’eau potable sont les principales sources d’exposition aux produits phytopharmaceutiques pour la population générale. La nutrition doit donc également prendre en compte les risques et les bénéfices de façon globale, notamment au regard de l’exposition aux contaminants chimiques et biologiques. »
  • La loi Duplomb : 21 études montrent un potentiel toxique de l’acétamipride pour le système nerveux du fœtus et du jeune enfant.

3. Encourager la consommation de produits issus de l’agriculture biologique ou de l’agroécologie

  • La SNANC : s’articule avec l’objectif du Plan Stratégie National d’avoir 18% de la Surface Agricole Utile en agriculture biologique en 2027.
    « Le développement de pratiques agroécologiques, comme c’est par exemple le cas en agriculture biologique, constitue ainsi l’un des leviers essentiels d’adaptation au changement climatique ».
  • La loi Duplomb : soutien à des modèles agricoles industriels, notamment en élevage, qui impactent fortement la biodiversité, la vie des sols et la santé humaine.

4. Favoriser une gouvernance partagée autour de l’alimentation

  • La SNANC : favorise une gouvernance partagée des politiques publiques de l’alimentation entre les ministères.
    « Rendre effective la participation citoyenne à l’atteinte des ODD, et construire une transformation durable européenne et internationale. »
  • La loi Duplomb : déni démocratique d’une pétition rassemblant plus de 2 millions de signatures de citoyens.

Enfin, si la SNANC assure “élaborer les politiques publiques sur la base d’une expertise scientifique collective […], en veillant strictement à l’absence de conflits d’intérêts avec les opérateurs économiques et les groupes d’influence, en particulier dans le domaine alimentaire”, comment donc assurer cette élaboration quand la science n’est plus prise en compte dans le débat démocratique ?

Ces débats parallèles montrent donc la nécessité urgente d’un pilotage des politiques publiques de l’alimentation pour assurer pour tous, un droit à l’alimentation.

Face à ces incohérences, des voix collectives s’élèvent. La bataille n’est pas finie, une nouvelle loi a été déposée par le sénateur Duplomb, pour demander son abrogation, rejoignez la pétition ici : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103

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